Je ne sais même plus comment
je m’appelle !

C’est vrai que j’aime par-dessus tout ces moments où enfin, parce qu’on aime, parce qu’on joue, parce qu’on écrit, parce que la joie vous envahit comme une vague bienheureuse qui vous rend eau, chaleur, lumière, on cesse enfin d’être enfermé dans sa ridicule et misérable identité biologique et biographique. Dans ces moments là, plus de visage, de corps, de nom ! Enfin !

Mais, bon, il paraît qu’il faut com-mu-ni-quer !

Alors, c’est parti pour « Agnès Bertron-Martin  ».

Parce que les enfants-lecteurs-publics avaient du mal à me débaptiser, parce que j’avais du mal moi-même et parce que j’ai tout de même très envie de continuer à m’appeler comme mes fils …

Merci aux éditeurs qui s’arrachent les cheveux à me renommer sur les couvertures, mais me suivent… autant qu’ils le peuvent !!

Merci à vous tous, pleins de bonne volonté, à vous appliquer à m’appeler juste.


Pardon pour cette période d’errance, comme une leçon d’humilité que je ne suis pas prête d’oublier : « J’ sais même plus comment j’m’appelle…j’sais même plus comment j’t’appelle… »


En Juin 2005, j'écrivais ...

Agnès Bertron redevient jeune-fille

Appelez-moi Martin !
Agnès Martin !

Appelez-moi MARTIN, c’est le nom de mon père.
Cet homme fou d’amour, de bonté, de compassion.
Cet homme au regard bleu, émotif, excessif, qui pleurait quand il était heureux et s’exclamait face à un homme furieux : « comme il doit souffrir ! ».
Appelez-moi MARTIN, c’est le nom de mon père, cet homme-médecin qui, aux soins qu’il prodiguait, ajoutait miséricorde et espérance, guérissant plus que des corps…
Appelez-moi MARTIN, c’est le nom de mon père qui m’a tant aimée et bercée de mensonges tendres où inlassablement, il me répétait que j’étais extraordinaire et qu’il y avait en moi une belle lumière.
Appelez-moi MARTIN, c’est le nom de mon père. Il était déjà âgé à ma naissance, c’est peut-être pour cela qu’il a eu le temps et la sagesse de me donner la passion de l’invisible, la certitude de l’immortalité de l’âme et le sens du sacré.
Un Amour comme cela, ça ne se mérite pas, c’est un cadeau, un miracle, un manteau d’amour qui protège du pire.
Alors, je n’ai aucun mérite à revenir vers vous, encore, ce matin…
Comme les héros des histoires qui ont connu la violence et la peur, comme les héros des histoires qui auraient préféré mourir plutôt que de devoir se battre contre ce qu’ils aimaient le plus, mais qui se sont battus quand même…
Ma biographie va à nouveau figurer sur le site. Vous y retrouverez ce remerciement que j’adressais par avance à tous ceux qui allaient me blesser, grâce à la certitude d’en faire un jour une belle histoire !
Transformer la boue en or, pas un matin où je ne m’en sente incapable, mais pas un matin, non plus, où je ne me sente incapable de renoncer au désir d’essayer !
Personne n’effacera plus ma vie sur un site internet, je ne laisserai plus personne briser ce que j’ai écrit, m’interdire de mots, de joie, d’insolence, de la liberté totale de créer…
Ce petit ruisseau de mots qui monte en moi, comme l’eau claire, est aussi humble mais aussi sacré que n’importe quel petit ruisseau qui n’aura de cesse d’atteindre la mer.
C’est cette force-là, la force de l’eau, la force du sourire, la force mystérieuse qui fait s’ouvrir une fleur, c’est cette force-là qui me tient à nouveau debout aujourd’hui.
Mes ailes sont plus grandes et légères d’avoir été brisées, je vous reviens pleine d’azur, avec un sourire plus grand que ma tête, du courage, de l’énergie, mais surtout de la reconnaissance, de la tendresse, de la joie et des réserves d’amour à offrir.
Je sais ma chance. Je suis vivante ! Et je chante !
« Je chante parce que l’orage n’est pas assez fort pour couvrir mon chant et que, demain, quoi que l’on fasse, on pourra m’ôter cette vie, mais on n’éteindra pas mon chant ». Je ne suis pas près de la boucler !
Je n’ai plus peur, le jour se lève…
Et j’ai des fourmis d’impatience dans tout mon être à l’idée de vous entraîner, à nouveau, dans ma quête vers les étoiles.
Mais surtout, appelez-moi MARTIN, c’est le nom de mon père !
Appelez-moi MARTIN, Agnès Martin, voilà le nom qui est le mien.