Du Chambon sur Lignon à Lugdunum

Je suis partie. Tout était sang. Le jardin, les rues, la maison, les bois.
Sans( et sang) m’en rendre compte, je me suis épuisée, vraiment, sur les routes, dans le froid, la neige, l’éloignement. Ce lieu tant aimé, après 9 ans passés, s’était refermé sur moi comme un piège…J’y étais seule, entourée de fantômes.
Il fallait que je parte !

Sans rancune pour ce village qui m’a donné un mari et qui me l’a repris.
Il faudra bien de l’imagination à la vie pour m’y faire revenir, mais je sais son immense pouvoir de création, alors je ne jure de rien….à suivre !

Je pars,
Ne pleurez pas les arbres…
Je pars, mais je vous emporte.
Je pars,
Ne pleurez pas les arbres…
Je pars, mais que vous importe !
Moi qui ai toujours eu peur des flots,
J’appareille.
Mais c’est sur un bateau de mots
Où pareils
Nous resterons écorce contre peau.

Je pars,
ne pleurez pas les arbres !
Ce n’est pas vous que je fuis, c’est lui.
Je pars,
Ne pleurez pas les arbres,
Même pour me ressembler…
Je pars, mais qu'importe...
Je vous emporte !


Lugdunum… Cette ville-lumière m’attendait. Déjà en 1997, elle m’avait tendu les bras, cette belle ville aux deux fleuves. Elle m’avait sauvée, une nuit, comme un miracle. Ce n’était qu’un clin d’œil, un indice…Elle m’attendait, je ne savais pas que c’est moi, moi toute seule qu’elle voulait !

En Janvier 2007, elle m’a prise enfin sous sa protection…Une vague impérieuse et salvatrice m’y a déposée. Je n’en reviens toujours pas d’être là.
Elle est ma première ville, ma première fois …Ville de Lug, ville de lumière. Je l’aime comme un être bienfaisant avec ses deux fleuves, homme et femme, qui se jettent dans les bras l’un de l’autre. Tant de collines et d’eau et de lumière. Et l’Ange Saint Michel qui veille… Tant de paix… Je la laisse me guérir avec reconnaissance, en espérant un jour savoir écrire la lumière dont elle m’entoure.